Le marché immobilier n’est pas en crise, il est en attente.

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Alors que le marché immobilier cherche un nouveau souffle, Stéphane Paolino, délégué à la communication de la Chambre des notaires des AlpesMaritimes, décrit une phase de transition: après le coup d’arrêt de 2023, les transactions repartent timidement, mais les prix se tassent. Entre vendeurs déconnectés et acheteurs contraints, il revient sur le rôle du notaire négociateur qui joue pour lui un rôle clé pour rétablir la confiance et appelle à une réglementation plus claire et plus stable.

JurisHebdo Immobilier: pouvez-vous présenter votre vos activités ?

Stéphane Paolino : Je suis délégué à la communication de la Chambre des notaires des Alpes-Maritimes pour les questions immobilières. J’exerce à Cagnes-sur-Mer. Comme beaucoup de mes confrères, en plus de notre activité traditionnelle, je pratique la gestion de patrimoine, la médiation, l’expertise immobilière et la négociation immobilière.
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Comment évolue le marché immobilier sur le terrain ?

S. P. : Nous constatons deux grandes tendances. D’abord, un léger rebond du volume des transactions : environ +5 % sur un an. Ce n’est pas un retournement de marché, mais plutôt un signe de stabilisation après une période de fort ralentissement. Les ménages qui avaient différé leurs projets d’achat ou de vente reviennent progressivement, souvent contraints par des impératifs familiaux ou professionnels. En revanche, les prix montrent des signes clairs d’essoufflement. La hausse moyenne se limite à environ 1,2 %, mais la dynamique s’inverse : on ne parle plus de flambée, plutôt d’un tassement. Dans beaucoup de secteurs, notamment sur la Côte d’Azur, les vendeurs continuent à afficher des prix élevés, souvent déconnectés de la réalité des acheteurs. Ces derniers, frappés par la remontée des taux d’intérêt et un pouvoir d’achat en baisse, n’ont plus les moyens — ni parfois la volonté — de suivre. Le résultat, c’est un marché bloqué : les biens restent plus longtemps en vente, les marges de négociation s’élargissent et les transactions nécessitent davantage de pédagogie et d’accompagnement. C’est là que le notaire-négociateur trouve toute sa légitimité. Nous intervenons en amont pour rétablir la confiance, expliquer les évolutions de prix, évaluer la cohérence d’un bien et rapprocher les positions. Notre rôle n’est plus seulement de sécuriser l’acte, mais de fluidifier la relation entre vendeur et acquéreur. Aujourd’hui, le marché n’est pas en crise totale, mais en attente : il a besoin de visibilité et de confiance. C’est cette confiance que, chaque jour, nous essayons de reconstruire sur le terrain.

Quel impact ont les nouvelles réglementations sur votre activité ?

S. P. : Le DPE a changé la donne : c’est devenu le premier document regardé par les acheteurs. Les logements mal classés se vendent avec une décote qui peut être très forte, parfois injustifiée, mais elle pèse lourd dans les négociations. Le gouvernement commence d’ailleurs à assouplir certaines contraintes, car 40 % du parc français est classé E, F ou G. D’une manière générale, il faudrait passer d’une logique punitive à une logique incitative : encourager les propriétaires et investisseurs au lieu de les freiner. Même un message clair et stable serait déjà un signal positif.

Voyez-vous une reprise à l’horizon 2026 ?

S. P. : Je ne crois pas à une reprise rapide. Le marché va continuer à se stabiliser, et c’est déjà une bonne chose. L’immobilier reste un placement sûr et un secteur résilient, mais il faut redonner confiance. Pour cela, les pouvoirs publics doivent clarifier leur cap et cesser de multiplier les réformes à court terme.
Source : Entretien pour JurisHebdo Immobilier. Propos recueillis par Valentine Clément.

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