« Réunir les différents réseaux de notaires pour une meilleure unité » – 3 questions à Me Marc GIRARD

  1. Accueil
  2. Articles
  3. « Réunir les différents réseaux de notaires pour une meilleure unité » – 3 questions à Me Marc GIRARD
Cette année, les réseaux Notaires au Coeur des familles (NCF) et Notaires Conseil d’Entreprise (NCE) s’allient pour organiser l’Université Famille & Entreprise 2026. Une édition ambitieuse, placée sous le signe de la vulnérabilité, de l’innovation et du lien entre famille et entreprise. Au programme: 45 ateliers, des intervenants de renom, des thématiques stratégiques.
  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Gmail

1. Pourquoi le thème « Famille et Entreprise » s’est imposé cette année, en partenariat avec le réseau NCE ?

Après deux éditions consacrées au thème « Famille & Immobilier », il était nécessaire d’ajouter une corde à notre arc en abordant l’entreprise, qui est au cœur des enjeux familiaux. Transmissions d’entreprise, pacte Dutreil, sociétés et leurs impacts sur la sphère familiale y seront donc abordés. Ce choix confère sens et unité au droit de la famille.

Le choix de coorganiser l’événement avec NCE s’inscrit aussi dans une conviction forte : réunir les différents réseaux de notaires pour une meilleure unité, montrer que nous avançons tous dans la même direction, et que nous travaillons main dans la main avec les instances nationales. C’est ce qui fait la force du réseau. D’ailleurs, l’Université NCF a lieu en alternance tous les deux avec l’événement Notalab, organisé par le Conseil supérieur du notariat. Cette alternance renforce l’écosystème et évite la dispersion. Philosophiquement, aucune décision n’est prise sans l’accord des instances nationales : travailler ensemble est un principe cardinal.

2. Quels sont les points forts de l’Université cette année, et notamment du programme ?

L’événement se caractérise par un niveau d’accueil et de formation très élevé : Hôtel Majestic à Cannes, soirée de gala, qualité pédagogique exceptionnelle. Le programme compte 45 ateliers animés par des intervenants de renom. J’insisterai sur certains d’entre eux.

Tout d’abord, le thème de prédilection est la vulnérabilité. C’est l’axe transversal de l’année, qui irrigue des séances d’ingénierie patrimoniale. Un atelier d’ailleurs très apprécié est consacré à l’ingénierie patrimoniale et l’organisation de la vulnérabilité, et sera animé par Nathalie Baillon-Wirtz.

Ensuite, l’ingénierie matrimoniale et les testaments seront abordés en miroir par Alex Tani, avec un atelier intitulé « Bien conseiller les époux pour choisir et adapter leur régime matrimonial », et, le lendemain, un atelier sur l’ingénierie testamentaire. Je signale à cet égard la parution récente d’un ouvrage de cet auteur sur le changement de régime matrimonial, auquel j’ai contribué.

La médiation, également, est devenue un sujet incontournable et fera l’objet de deux ateliers. Elle apporte un gain de temps (évite des procédures longues et coûteuses) et un gain d’argent (réduction de frais, notamment d’avocat), tout en recréant le lien entre des personnes qui ne se parlent plus lorsqu’elles partent en justice. Le cadre réglementaire s’est durci : un décret du 18 juillet 2025 impose une entrée en médiation et prévoit, en cas de refus, une amende pouvant aller jusqu’à 10 000 €. La médiation est donc centrale dans les mondes familial, professionnel et du travail.

Enfin, une table ronde est prévue sur l’intelligence artificielle, le notaire et conseil patrimonial. L’objectif est de décrypter des usages concrets et éthiques pour mieux conseiller, notamment en matière familiale, car la famille ne peut pas ignorer l’IA.

Au-delà des ateliers, je tiens à insister sur le rôle du comité scientifique, véritable ossature de l’Université : il structure les contenus, garantit la qualité et assure la cohérence du thème annuel (ici vulnérabilité).

3. Quelles exigences pour intégrer le réseau NCF, quelles actualités et quel calendrier éditorial ?

Concernant le réseau NCF, la priorité reste la qualité plutôt que la quantité. Le réseau est exigeant : pour l’intégrer, il faut obligatoirement détenir le label national « Notaire Conseil aux Familles » (délivré par l’instance nationale). Nous sommes un peu plus de 100 à ce jour. Cette sélectivité préserve la qualité et l’image.

L’ADN du réseau est profondément humain : s’appeler « au cœur des familles » n’est pas un hasard. Nous avons plaisir à nous retrouver, à nous entraider, et nous formons une vraie famille. L’ouverture au monde de l’entreprise (en alliance avec NCE) achève de compléter cet ADN. Nous entretenons d’ailleurs cet esprit humain et familial : visioconférences pour les membres une fois par mois, journée membres mensuelle, réunion annuelle au minimum. Pour créer du lien, nous organisons régulièrement un séminaire immersif à Cannes (Majestic) – 48 heures ensemble, sur la Croisette, avec des formations dédiées.

Côté pilotage, j’ai été l’initiateur historique du réseau, et suis désormais président d’honneur. J’accompagne les deux présidents actuels (Olivier Besançon, notaire à Vienne, et Jean-François Faure, notaire à Le-Puy-en-Velay). Tous les trois, main dans la main, nous consolidons l’orientation : progresser sans sacrifier la qualité.

Pour conclure, l’agenda du réseau est riche. NCF participera par exemple le 28 janvier prochain à la célébration des 80 ans de l’ordonnance de 1945 à l’Unesco, ou encore, le 23 octobre 2026, au colloque sur la protection sociale des notaires, l’anticipation et la retraite, sujet large et actuel au regard des incertitudes sur le statut.

Source : Entretien pour La semaine juridique – Propos recueillis par Marie Fabre.

Autres articles pouvant vous intéresser

[kam_blog limit=”3″ sort=”rand” ]

Pin It on Pinterest

Share This